Atlantic a créé un Centre de Recherche pour le Confort Thermique (CRCT) qui travaille notamment sur la qualité de l’air intérieur : quel est son fonctionnement ?
Maud Jourdan : Le CRCT se trouve près d’Orléans (45). Son objectif est de mesurer les performances en conditions réelles grâce à deux maisons jumelles T5 de 109 m2 et conformes à la RT 2005[1] . Elles disposent de 500 capteurs qui recueillent chaque jour depuis 2008 plus de 3 millions de données. Cela constitue une base actuelle d’environ 7 milliards de données ! Celles-ci sont mises à disposition des équipes R&D et marketing d’Atlantic mais aussi d’organismes externes : l’Ademe, le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), le CEREMA[2], le CETIAT[3], l’INES[4], le CEA[5] ou encore l’ARMINES.
 
Vincent Aucouturier : Récemment, des expérimentations motivées par la pandémie ont porté sur l’évolution des taux de concentration de CO2 dans une salle de classe non ventilée mécaniquement. Après deux heures en classe, les valeurs pouvaient atteindre jusqu’à 4000 ppm[6] ! Nous avons pu observer que la porosité du bâti et l’aération après chaque fin de cours ne suffisent pas à assurer un renouvellement d’air suffisant tout au long de la journée. Les tests effectués au CRCT ont démontré tout l’intérêt d’un système de ventilation robuste. Les VMC simple ou double flux permettent un renouvellement de l’air permanent et les solutions pilotées en débit sur les taux de CO2 offrent la garantie de la meilleure QAI pour une moindre consommation. Le CRCT s’agrandit avec la création d’un bâtiment tertiaire. Il nous permettra ainsi d’évaluer la performance de nos systèmes de climatisation et ventilation dédiés à ce secteur. 

 

 

De quelle manière intégrez-vous le Laboratoire Acoustique et Climatique (LAC) à vos recherches ?
Maud Jourdan : Au LAC, situé à Meyzieu (69), un espace exclusivement dédié à l’étude de la qualité de l’air intérieur verra le jour courant 2022[7]
Une chambre expérimentale de 30m2 (soit un volume représentatif d’un bureau individuel ou d’une pièce de vie), sera créé. La particularité de cette pièce sera d’être la plus neutre possible, c’est-à-dire d’accepter tout type de polluant sans en être marquée durablement. Elle nous permettra de maîtriser complètement les conditions qui seront simulées mais aussi les conditions de traitement qui seront mises en œuvre.
Dans le cadre de ce nouveau projet, une équipe dédiée analysera finement la QAI et l’efficacité des systèmes de traitement d’air. Grâce à la mise en scène de multiples scénarios de la vie courante, différents polluants caractéristiques de l’air intérieur (particules fines, COV, CO2, etc.) seront continuellement mesurés et pilotés. L’apport des systèmes de traitement de l’air sera aussi étudié, de même que l’impact de leur positionnement dans la pièce et de leur débit. Il sera ainsi possible d’évaluer la capacité de traitement de différentes solutions sur chacun des polluants injectés dans la pièce.
Enfin, au-delà de l’étude des performances des systèmes de traitement de l’air, cet espace aura aussi pour vocation d’étudier des installations alliant purification et ventilation sur des scénarios d’usage maîtrisés pour traiter une pièce complète.
Vincent Aucouturier : Le laboratoire QAI au sein du LAC, comme le CRCT, est représentatif de l’évolution d’Atlantic au niveau de sa R&D. Notre objectif est de mesurer la capacité de nos produits à traiter les polluants intérieurs au plus près de la réalité terrain de nos clients et ainsi, travailler à leur amélioration continue.

 

 

De quelle manière Atlantic fait-il tester les performances de ses solutions de traitement de l’air ?
Maud Jourdan : Dans la continuité de nos expérimentations internes, d’autres essais sont menés conjointement avec des structures partenaires. Atlantic a collaboré avec l’Ircelyon (Institut de recherches sur la catalyse et l’environnement de Lyon) et Tera Environnement, spécialisé dans les tests de performances des systèmes de traitements de l’air sur les composés gazeux. L’objectif était de déterminer, selon une norme donnée, l’efficacité de dispositifs de traitements de l’air sur les composés gazeux représentatifs de ceux qu’on peut typiquement retrouver en air intérieur. Et de vérifier leur innocuité.
Vincent Aucouturier : Après avoir qualifié nos produits avec Tera Environnement, nous avons poursuivi notre démarche avec une étude menée sur le terrain, dans un établissement scolaire de l’Ain, en région Auvergne-Rhône-Alpes. La mesure de la QAI a été réalisée sur trois pièces (une salle des professeurs, un réfectoire et une classe). Le test a permis de comparer la QAI des salles : avec une ventilation seule pour assurer le traitement de l’air durant une semaine, puis pendant une autre semaine, en associant la ventilation et la mise en place de Novengo[8] (18 m3/h/p + 3 appareils par salle). La conclusion révèle que cette solution d’épuration est pleinement efficiente puisqu’elle apporte une meilleure qualité de l’air intérieur qu’une ventilation seule.
D’autres tests ont été réalisés via notre contrat de prestations avec l’Institut Pasteur, sur un coronavirus humain, afin de mesurer et analyser l’efficacité virucide de certains dispositifs de traitement de l’air. Nous avons pu constater que dans une enceinte de 1,3 m3 (conditions d’essai de l’institut Pasteur), 99,94% du coronavirus était éliminé pour une durée de fonctionnement de l’épurateur de 2 minutes.

 

 

D’autres travaux avec des experts du secteur sont-ils prévus ?
Maud Jourdan : Atlantic devrait prochainement s’entourer du laboratoire Tipee et du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment). Ce projet favorisera nos connaissances sur les polluants retrouvés majoritairement dans le tertiaire (espaces de bureaux, coworking, etc.), et nous permettra de créer un indicateur global sur lequel nous pourrons nous appuyer pour déployer les mesures de traitement de l’air et de pilotage adaptées au confort des occupants.
Cette collaboration pluriannuelle nous permettra, d’une part, d’adapter davantage les solutions QAI aux besoins des résidents et d’autre part, d’optimiser la consommation énergétique des produits et des technologies employés.

 

Atlantic participe-t-il aux évolutions normatives dans le domaine de la qualité de l’air intérieur ?
Vincent Aucouturier : Atlantic fait partie de la commission de normalisation en photocatalyse Afnor/B44A  depuis mars 2021. Cette instance, soutenue par l’Ademe, intervient aux niveaux français et européen, voire international le cas échéant. Elle rassemble différents acteurs industriels et laboratoires accrédités agissant pour la qualité de l’air intérieur, dont Tera Environnement. Pour Atlantic, cela constitue une autre manière d’enrichir l’écosystème scientifique.
Cette commission a pour objectif de définir un cadre commun permettant d’expérimenter et de mesurer collectivement l’efficacité de systèmes de traitement de l’air (dont la photocatalyse[9] dans des espaces représentatifs de conditions d’utilisation de type bureaux, de 30m3. L’enjeu, là encore, est d’évaluer la performance du produit dans un cadre toujours plus proche du terrain.
La pandémie de Covid-19 a aussi souligné la nécessité de développer une méthode uniforme pour évaluer l’efficacité des systèmes d’épuration autonomes vis-à-vis des microorganismes (bactéries, virus, etc.). La commission de normalisation a jugé bon de répondre à ce besoin d’uniformisation émis par les fabricants. Un point clé qui permettra de donner plus de lisibilité aux performances des solutions pour les utilisateurs.

 

On peut choisir l’eau qu’on boit mais pas l’air qu’on respire ! Sujet mouvant et complexe, la QAI nécessite de s’adapter et d’évoluer sans cesse. Atlantic investit de l’énergie et des ressources sur les systèmes de traitement de l’air car il s’agit d’un véritable enjeu de santé publique. Ayant à cœur de participer à l’élaboration de solutions performantes, la R&D d’Atlantic s’intéresse à toutes les technologies de traitement de l’air et s’entoure des meilleurs experts pour les étudier. L’objectif est clair : atteindre une efficacité optimale pour une mise en œuvre fiable, sur le terrain. Un point de garantie au centre de nos recherches, pour le bien-être de nos clients !

 

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 #QAI #Innovation #Ventilation #CVC #ConfortThermique

 

[1] La règlementation thermique 2005 prévoit une perméabilité à l’air des bâtiments de 0,8 m3/h/m2. Elle s’applique aux bâtiments neufs résidentiels et tertiaires.

[2] Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement

[3] Centre Technique des Industries Aérauliques et Thermiques

[4] Institut National de l'Énergie Solaire

[5] Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives

[6] Le seuil préconisé par le Haut Conseil de la Santé Publique dans une pièce où les personnes peuvent porter un masque est de 800 ppm.

[7] Le bâti devrait être livré pour février avec les premiers essais à l’été 2022

[8] Il existe deux versions des épurateurs Atlantic, le Novabso qui intègre un filtre HEPA (High-efficiency particulate air) et est disponible depuis fin septembre et le Novengo qui exploite la technologie de la lampe UV qui arrivera sur le marché d’ici à début 2022.

[9] La photocatalyse est une technologie d'oxydation qui décompose progressivement les composés gazeux en les minéralisant pour obtenir des composés inoffensifs (CO2 et H2O).

 

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